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Spectacle enfants de clown

Ce spectacle enfants exécuté par le Clown Marius vous entraînera dans un tourbillon d’hilarité. Ce moment de rire est une suite des traditionnels entrées d’humoristes. Une Animation joyeuse pour tous.

J'ai été la proie d'un clown dont le nom m'est toujours resté inconnu. Masque blanc aux oreilles rouges, surmonté d'un curieux chapeau mou qui revenait comme un élastique, il émergeait d'un ample manteau de cour dont les paillettes dessinaient un paon faisant la roue. En sortant du cirque Pinder, ce soir-là, je dis à mon grand-père : "Je veux être clown." J'avais cinq ans : la fascination dure encore.

Dans ma région, les chapiteaux passaient régulièrement, restaient deux ou trois jours en ville. J'ai rencontré des personnages qui n'existaient nulle part ailleurs et qui m'ont ébloui. Parfois, au cinéma, je leur découvrais de lointains cousins en noir et blanc : Charlot, Harold Lloyd, Laurel et Hardy...

Ressentant, sans doute, que rien ne valait les mains pour mieux se fixer les idées, je bricolais à sens unique : le clown d'abord ! De nos jours, la panoplie du parfait rigolo se monnaie facilement, entre le robot- minute et la pâtisserie d'entreprise, dans les supermarchés. A l'époque, les produits de maquillage, il fallait presque les concocter soi-même. Les perruques aussi : j'en arrivais à envier un de mes copains parce qu'il était roux ! Si j'apprenais le violon, c'était pour en jouer anormalement : de côté, sur la tête, à l'envers, comme Polo Rivel. Si je m'entraînais aux barres fixes c'était pour y tourbillonner comme Aéros. Si je chaussais des patins à roulettes, c'était parce que j'avais vu Charlie Chaplin s'y adonner en virtuose dans Les temps modernes. Je tâtais aussi de la prestidigitation, du xylophone — instrument éminemment "cirque". Mais mon plus grand bonheur était de fabriquer, d'inventer des objets : des faux crânes, d'abord, puis des tas d'accessoires insolites, des autos, par exemple, à partir de caisses ; bref, un véritable bazar du rêve !

Un livre, offert par ma tante, me permit d'explorer les détails. Signé Noré Brunel et François Fratellini (préfigurant Nous les Fratellini, d'Albert), Bonsoâr, mossié surexcitait mon imagination bricoleuse. J'esquissais des projets de sketches (savais-je seulement qu'on appelait ça des " entrées" ?). J'allais très rarement de la représentation des objets à la représentation en public. J'avais pourtant trouvé un garçon, à la fois gymnaste et musicien, qui ne demandait qu'à participer à mes fantaisies. Mais, à celles-ci, je sentais un déplaisant fumet d'amateurisme. Il me manquait les bases, celles que se transmettent les artistes, les mille et une recettes écloses dans la sciure ou sur le tapis-brosse. Et là, mon grand-père m’a beaucoup apportait.

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